– par Rémi
Ça y est c’est maintenant mon tour de rédiger mon premier article… Merci par avance pour votre indulgence car je n’ai pas (encore) la prose de Cécile :-). Comme elle vous l’avait promis dans son dernier post, celui-ci parlera de notre dernière mission et de ce qui j’y ai fait… En effet, au-delà des déceptions de cette mission, mon travail m’a, lui, passionné. Et pour cause : il s’agissait de réaliser une ou plusieurs structures pour l’enfant de la maison, âgé de 5,5 ans et portant un nom de personnage célèbre de jeux vidéo (je ne vous le dévoilerai pas ici par respect pour eux mais c’est celui qui a une casquette rouge, une moustache, un frère avec une casquette verte et ils cherchent tous deux à sauver une princesse 🙂 )
De l’idée au concept
D’après les échanges que nous avions eu avec eux, nos hôtes souhaitaient que je réalise deux structures : une en bois et une seconde en pneus… mais ils n’avaient que 4 pneus… un peu limité pour réaliser un jeu quand même… j’ai donc du improviser et leur proposer :
- une première structure qui s’apparente plus à une plate-forme perchée dans un immense arbre couché depuis une vingtaine d’années (en fait un eucalyptus de plus de 100 ans) avec une sorte de toile d’araignée pour y accéder,
- et une seconde composée de 3 tourelles en bois entre lesquelles je pourrais placer les fameux pneus et autres systèmes pour y accéder.
Ils ont semblé emballés par ces idées et je me suis donc mis au travail dès le lendemain de notre arrivée. Ce qu’ils n’avaient pas calculé, c’est que ça me prendrait les 2 semaines à temps plein et que, de fait, je n’aurai pas le temps de faire autre chose… Mais bon j’ai fait semblant de ne pas comprendre leur embarras et ai continué à travailler sur ces seuls projets, pendant que Cécile, elle, ne récupérait que des missions peu intéressantes 😦 du genre entretenir les huisseries, les yuccas, rosiers,…
Les premières difficultés…

J’ai donc commencé par la plateforme dans l’arbre en essayant d’intégrer au mieux le plancher entre les branches. Après avoir fini de le poser, j’ai vu, au regard de nos hôtes (et surtout de notre hôtesse) qu’elle considérait que la plateforme était peut-être un peu haute pour leur enfant, qu’il faudrait peut-être que je mette en place des gardes fous dans tous les sens. Cela ne m’emballait guère car ça aurait perdu de son charme…et puis leur gamin n’est plus si petit quand même…et la plateforme était à moins de 2 m du sol… j’ai donc fait semblant que j’y réfléchirais. En attendant, Cécile et moi nous sommes bien amusés à tresser les cordes de la toile (malgré le casse-tête quand nous nous sommes aperçus que ce serait peut-être un peu juste niveau longueur de corde).

Par contre, cela m’a permis d’adapter la seconde structure car je prévoyais initialement de mettre en place le plancher d’une tour vers 4,5 m de haut… autant dire que j’ai vite abandonné cette idée… J’ai tout de même commencé par ériger cette première tourelle (histoire de les habituer) mais j’ai placé le plancher à (seulement) 2,5 m du sol. Une fois celle-ci montée j’ai érigé assez rapidement la seconde beaucoup moins haute, avec un plancher vers 1,3 m. Et enfin la dernière qui servirait plutôt de cabane…
Les craintes des parents…
Durant l’ « érection » de ces tourelles, chaque jour, nos hôtes venaient tester leur « inébranlabilité », et ce malgré mes indications que c’était loin d’être fini, que ça devait être renforcé, et que la structure dans son ensemble permettrait, à terme, que ce soit plus robuste… A croire qu’ils ont fini par avoir peur de moi car ils ont dit à Cécile, presque à voix basse, qu’il fallait que je renforce tout ça !
Afin de les rassurer, j’ai fini par tout renforcer avant de continuer à monter les différents éléments.

Les problèmes de matos
Un autre point crucial durant les travaux a été l’achat de différents outils, vis,… les premiers étant de mauvaise qualité (pour percer dans de l’eucalyptus, il faut pouvoir « saquer d’dins », ça change des palettes). En plus, lorsqu’ils m’achetaient des vis, ils en prenaient une vingtaine… autant dire qu’il fallait en acheter tous les jours… C’est donc devenu mon pain quotidien de la fin de journée : me confondre en excuses d’en utiliser autant et leur mettre suffisamment la pression pour qu’ils m’en achètent d’autres avant le lendemain matin.
Ça a été le même problème avec l’achat de la corde pour la toile d’araignée,…car, c’est vrai, d’après mes plans il fallait près de 100 m de cordage… Heureusement, notre hôte, un peu économe (plus en corde qu’en vin en tout cas) a trouvé une solution pour réduire le linéaire nécessaire. Il a également eu la bonne idée de percer les pneus pour encore le réduire sans se préoccuper du fait que cela allait générer des mauvaises odeurs, de la pollution et m’infliger quelques maux de tête…
Fin du projet : un enthousiasme pas forcément partagé
Bref, j’ai fini par réussir à tout monter et merci à Cécile pour son aide avec la toile et les pneus et surtout pour sa persévérance dans les tâches peu intéressantes qu’elle a eu à faire.
Le résultat est, à mon avis, plutôt réussi… même si je n’ai eu que des remerciements assez flegmatiques (so british) de nos hôtes. En revanche, j’ai eu mille mercis et un gros câlin du petit garçon qui n’a eu le droit de jouer dessus que pendant 5 minutes (bah oui car les pneus ça chauffe quand même, du coup faudra attendre l’automne ou l’hiver pour qu’il puisse y aller…). En résumé, une mission dans laquelle j’aurais été le seul à m’éclater et le seul fier (en dehors de Cécile) de mon travail…

