C’est officiel : on rentre en France !

Et au milieu une île (ou plusieurs…)

Il y a quelques mois déjà, nous écrivions notre premier article de blog, expliquant pourquoi nous partions en Argentine et ce que nous en attendions. Aujourd’hui, nous signons notre dernier article de blog en écrivant pourquoi nous rentrons en France. Ironique me direz-vous ? Triste ? Dommage ? Pas de chance ? En fait, non, nous sommes heureux et soulagés d’avoir pris nos billets d’avion. Cette décision nous l’avons repoussé depuis le début du confinement ici. Mais, l’idée s’est imposée au fur et à mesure, le temps faisant son œuvre. Les réponses à nos questions, nous ne les avons pas toutes trouvées mais en avons trouvé d’autres là où nous ne les attendions pas. Nous rentrons donc plein de jolis souvenirs en tête et de beaux projets à venir. Alors pourquoi on rentre finalement ?

Les débuts dans la jungle

Rappelez-vous : nous étions venus ici pour aller à la rencontre de nouveaux modes de vie, alternatifs, en phase avec nos valeurs. Mais aussi pour avoir plus de temps à nous deux et vivre une belle aventure. Nous partions donc des étoiles plein les yeux.

Dès les premiers instants nous avons vécu de magnifiques moments, sous la chaleur étouffante de la jungle : végétation luxuriante, terre d’un rouge étonnant, moustiques voraces, énormes crapauds, ciel limpide, orages violents,… Une vie à la sauvage qui ne nous a pas déplu, malgré l’isolement des premiers temps. Premières belles rencontres, premier apprentissage de la langue, d’une nouvelle culture… Nous y avons été heureux dans notre petit cocon. Nous avons même songé à nous y installer et nous regrettons encore très souvent de ne plus y être.

Mais nous avons été heureux également de quitter la chaleur et de reprendre le voyage. 

Bariloche – Lago Gutierez – Mirador

Les limites du volontariat en Argentine

Après une semaine à visiter plusieurs régions à vitesse grand V entre villes, restos et bars (comme à notre habitude en voyage) nous sommes en manque de contacts humains, même si nous en prenons plein les yeux.

Mais nous voilà arrivés dans notre nouveau woofing à Mendoza. Un choc énorme pour nous : passer de la vie sauvage et simple de la jungle à l’opulence d’un foyer anglais avec piscine et omniprésence de nos hôtes ne parlant pas espagnol. Premières déceptions finalement : sentiment d’étouffement pour moi, impression de perdre du temps. Si Rémi s’y est retrouvé dans ses missions, je ne cacherais pas mon profond désarroi face aux missions proposées. Et, encore une fois, l’isolement malgré tout puisque peu de liens avec l’extérieur et la population locale. Heureusement nos week-ends nous ont fait du bien : une magnifique découverte de la ville de San Rafaël, du rafting et du camping à Valle Grande. Bref, le bonheur malgré tout.

Nous commençons néanmoins à réaliser que faire des missions avec lesquelles nous sommes en phase est compliqué, car il y a peu de réponses à nos demandes. Finalement, nous n’avons pas forcément le choix et nous faisons en fonction de ce que nous trouvons. Ce sont les limites du volontariat. Après cette expérience, malgré toute riche en enseignements, nous décidons de souffler un peu et de nous recentrer sur nous tout en cherchant à rencontrer du monde. Vaste projet me direz-vous… Nous fonçons donc à Bariloche avec l’idée de faire des randos, du tourisme, de nous poser, de prendre notre temps dans le voyage… mais aussi de filer direct dans le sud, tant qu’il fait encore chaud, pour visiter Ushuaïa, les glaciers et bien d’autres merveilles.

Bariloche ou l’apprentissage par le confinement

Bariloche, ceux qui nous ont suivi la connaisse, cette ville. Elle a fait l’objet de 3 articles et nous en parlons encore dans celui-ci. Et pour cause : nous y sommes depuis 4 mois !!!

On ne va pas vous refaire l’histoire mais, Bariloche, c’est devenu un peu notre ville, finalement. On a à peine eu le temps d’y arriver, d’y faire un resto pour fêter l’anniversaire de Rémi, de faire deux petites randos, que nous voilà bloqués ici, confinés. Un confinement très très très long. Mais top dans ses débuts. Nous avons eu la chance de finalement de tomber sur une « mission en volontariat » comme nous en rêvions.

Et, en fait, on a pu cocher toutes les cases de nos objectifs et même plus : passer plus de temps ensemble (double double check), apprendre l’espagnol (check), rencontrer du monde (check), apprendre la culture locale (check), apprendre à cuisiner local (trop bien !!), faire une « mission » (construction d’habitat écologique) qui a du sens pour nous (check), faire de belles randonnées (youpi !), voir la neige (double youpi !), apprendre (commencer à apprendre) l’ukulélé… Et au-delà de tout ça, on a eu de très belles surprises : se lancer respectivement à notre compte et voir que ça peut marcher, réfléchir à un autre projet qui nous tient à cœur depuis plusieurs années, faire un business plan, des brainstorming le soir autour d’un verre de vin et puis, apprendre toujours plus à se connaître. Mais voilà, on est allé super loin dans tout ça et, pour être honnête, ben il nous a quand même manqué des choses : les copains, la famille, le contact humain, faire la fête pour oublier ce stupide virus et le poids des actualités… Certes nous aurions pu rester chez nos hôtes mais nous avions besoin de bouger, que l’aventure reprenne, et d’un plus grand logement pour l’hiver. Et nous avons bien fait car nous avons pu reprendre les randos et continuer à visiter cette grande ville et sa campagne.

Finalement, nous nous sommes rendus compte, il y a quelques mois, que le voyage était fini et, que même s’il reprenait, nous n’étions pas prêt à le reprendre de cette façon (masque, gel hydroalcoolique et compagnie) avec la perspective d’un reconfinement sans fin à chaque étape. L’Argentine a, depuis plusieurs mois, perdu sa chaleur (au sens propre et au figuré) que nous lui connaissions. Aujourd’hui ne subsiste qu’un pays en ruine, qui souffre d’une crise économique encore aggravée par le virus, d’un confinement sans fin avec toutes les conséquences qui s’en suivent : grèves, fermeture définitives des commerces et restaurants, peur de l’autre et dépression. C’est très triste pour ce si joli pays. Et c’est triste de s’apercevoir que notre avenir n’est pas ici.

Notre cœur a fait des vagues bien souvent pendant cette période, penchant tantôt vers l’espoir, tantôt vers le désespoir. Nous avons été heureux, tristes. Nous avons été motivés, désœuvrés. Si nous nous sommes très souvent motivés l’un et l’autre, cela n’a plus été le cas dans les dernières semaines. Il était temps de prendre cette douloureuse décision, qui nous a valu une nuit blanche et bien des changements d’avis. Et au final, nous, les deux grands indécis de la vie, on était heureux de l’avoir prise, cette décision !! On s’est senti libérés d’un grand poids et heureux d’aller de l’avant.

L’heure du bilan

Eh bien je dirais qu’on en sort grandi. Nous revenons chacun avec une activité à notre compte et une autre activité en projet. Nous avons plein d’idées en tête et, finalement, ce voyage nous aura aussi appris que notre avenir n’est pas au bout du monde. Déjà au début du confinement, l’idée que nos projets se feraient en France était une évidence, on ne se voyait pas les faire ailleurs. Et pourtant l’Argentine nous a plu et le Brésil peut-être encore plus il y a deux ans. Mais notre cœur est peut-être resté en France : la famille (en partie puisque la mienne n’est pas si proche, malheureusement) et les amis aussi. Et voici ce que nous avons appris (même si on le savait déjà pour certaines choses) :

  • On aime trop faire la fête et voir du monde. Ça ne changera sans doute jamais et c’est très bien comme ça ;
  • On a besoin de contacts humains, de nos proches ;
  • On a besoin de privilégier des moments à deux et de pauses, malgré tout ;
  • On aime profondément notre pays et sa gastronomie (MAGREEEEETTT !!!) ;
  • On doit savoir laisser des choses dernières nous pour pouvoir avancer ;
  • On peut se mettre à notre compte et ça peut marcher ;
  • On est plus fort qu’on ne le pense. On a survécu à la quarantaine la plus longue du monde bon sang !!! Et on revient heureux.

Alors maintenant on fait quoi ?

Il fait froid par ici… on rentre !

Alors on rentre à Nantes pour commencer. On a besoin de retrouver les amis, la vie nantaise. Et bien sûr on fera la tournée de la famille et des amis rapidement dans la foulée. Ensuite, on va sans doute continuer notre activité en indépendant : la liberté de pouvoir aller où bon nous semble, quand nous le souhaitons, nous séduit bien. Surtout que ça nous laisse plus de temps pour ceux qui comptent pour nous. On va profiter de la vie quoi, comme d’hab ! Parce que c’est ça la vie ! Alors s’il vous plait ne soyez pas tristes pour nous : ce sont encore de belles aventures qui nous attendent, rien que le retour qui va durer près de 3 jours… (entre 24h de bus pour arriver à Buenos Aires, 15 heures de vol pour Madrid, puis un autre bus d’une quinzaine d’heures pour parvenir à Nantes). Bref, on sera à Nantes le 26 juillet ! Bien sûr nous sommes tristes de quitter l’Argentine mais nous ne regrettons rien : un voyage magnifique, un confinement plein d’apprentissage, un retour qu’on envisage avec enthousiasme.

4 commentaires sur « C’est officiel : on rentre en France ! »

  1. Heureux de voir si voir heureux. Il y a toujours des doutes mais c’est ce qui nous permet de nous remettre en question, se poser et réfléchir sur la direction à prendre…. A condition de prendre du recul. Bon retour !

    Aimé par 1 personne

  2. Waouh ….!!!!!
    Une belle aventure qui se termine riche en émotions , en découvertes , en souvenirs et avec une idéologie de vie commune , professionnelle et de choix personnels .
    MERCI de nous avoir fait partager cela et bon retour chez nous avec encore de belles aventures pour vous 2 .
    Brigitte et Abdel ( amis de tes parents Remi )

    Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Concevoir un site comme celui-ci avec WordPress.com
Commencer