Première mission de volontariat : Yvaga

Yvaga – Vue sur la terrasse, les fauteuils à gauche, notre chambre à droite avec la fenêtre ouverte

Après la visite des chutes d’Iguazu, nous avions prévu notre première mission de volontariat. Le descriptif nous paraissait tout à fait en accord avec ce que nous recherchions : expérimenter la vie en autosubsistance, au coeur de la jungle, à 40 minutes (en voiture) de Puerto de Iguazu et une quinzaine de kilomètre de Puerto Libertad, dans une parcelle de plusieurs hectares. Mais aussi apprendre l’agriculture en biodynamie et la guérison par les plantes. Nous avions hâte de tester cela malgré le choc après Barcelone et notre vie quotidienne depuis plusieurs années. 

Des débuts sur les chapeaux de roues

Notre hôte devait venir nous chercher le soir même vers 19h00 à Puerto de Iguazu. Nous échangions sur Whatsapp, le moyen privilégié pour les communications (peu importe le forfait, l’utilisation de whatsapp est illimitée). Seul problème, sans Wi-Fi c’est compliqué : nous nous posons donc à 18h30 dans une boulangerie (Panaderia), proche de la gare routière, où nous avons des codes pour des sessions d’une heure. Là commence une longue attente ponctuée de nouvelles de notre hôte nous indiquant que ses consultations durent plus longtemps que prévu (il est médecin). Nous finissons par désespérer quand, enfin, à 21h30, il arrive dans sa petite voiture rouge. Il a l’air épuisé. Nous sommes également fatigués : entre la chaleur, le wifi dont il fallait sans cesse retourner demander le code à la Panaderia… Nous avons également peu mangé, un petit empanada chacun, car nous pensions manger avec eux le soir même.

Alors que nous posons nos sacs dans la voiture, Augusto va se chercher une bière. On en reprend donc une avec lui sur cette terrasse en bord de route que nous rêvons pourtant de quitter. Il nous explique (en anglais) qu’il ne vit, en fait, plus à Yvaga depuis qu’ils ont eu un bébé (Juan Simon), il y a deux mois. Lui travaille à Puerto Libertad, ils ont donc pris un logement en ville c’est pourquoi nous serons finalement seuls. Nous aurons une carte prépayée sur place (chip) et ne manquerons de rien car ils passeront régulièrement et principalement les week-ends. Nous faisons ensuite de rapides courses pour les deux jours où nous serons seuls. Le voyage en voiture est assez drôle : au moment où on démarre, Gustavo s’aperçoit qu’il n’a plus de batterie. Heureusement, il en a une de secours. Ouf ! Nous voilà sauvés. Il est 22h30. Une fois bien avancés sur la route, il s’aperçoit qu’il n’a plus d’essence. Nous devons donc faire demi-tour. Notre hôte se confond en excuses. De mon côté, je suis un peu amusée par la situation : décidément, c’est vraiment pas de chance. Heureusement nous avons le temps désormais :).

Nous empruntons ensuite un chemin de terre fortement bosselé avant d’arriver, sains et saufs, à bon port. C’est la nuit noire, nous n’avons donc pas réellement la possibilité de voir ce qui nous entoure. Notre hôte reste encore un peu et nous entraine à travers la nuit pour nous montrer le potager, les poules… 

Cette première nuit est longue : j’ai beaucoup de mal à dormir avec tous les bruits de la jungle. Nous avons voulu le dépaysement : nous l’avons ! Fini le calme de notre petite maison nantaise : ici c’est « l’autoroute » de la nature. Les cigales font un bruit fou d’arroseuse automatique, les crapauds croassent à tout-va, les feuilles tombent des arbres, les insectes font beaucoup de bruits et les coqs chantent à 4h/5h du matin. Bref, je suis réveillée tôt après cette nuit à apprivoiser ce nouvel environnement (et à réveiller Rémi plusieurs fois). 

Bilan : un petit paradis

Le lendemain, avec le soleil, nous découvrons le lieu et sommes rassurés : Yvaga est un endroit magnifique. Les deux chats et le chien qui nous tiennent compagnie sont adorables et aiment les câlins. Les poules sont plutôt marrantes, surtout quand on les lâche dans la cour. Elles le sont un peu moins quand elles s’ingénient, par tous les moyens, à sortir de leur parc. C’est alors la foire d’empoigne pour les remettre dedans et nous devons user de tous les stratagèmes possibles. Il fait très très chaud (plus de 35 degrés à l’ombre) même si la terrasse est bien aérée et que nous pouvons y passer de bons moments dans le hamac et les fauteuils. 

Raconter tout ce que nous avons vécu depuis serait trop long, c’est pourquoi nous irons directement à l’essentiel. Le lieu est magique et nous adorons y être. La solitude est à la fois plaisante mais aussi parfois frustrante. Au départ, il n’était pas facile de progresser en espagnol en étant souvent seuls. Heureusement les voisins, Ricardo et Lucas, passaient souvent et se sont montrés tellement généreux et patients avec nous pour nous apprendre la langue. Nous avons ainsi pu employer les mots et phrases appris tous les jours assidûment. Gustavo étant en vacances dès la deuxième semaine, il est passé pratiquement tous les jours, parfois avec sa femme Belen et le bébé. Nous avons ainsi pu faire notre premier Asado – barbecue local – (4 kilos de viande pour 6 personnes avec sa fameuse sauce Chimichurri que nous avons adorée !!!) et deux soirées pizzas avec les voisins. Ici, les gens arrivent tard, mangent tard et finissent tard. La bière que nous avons bu n’était pas forte mais m’a vite fait tourner la tête ;). Globalement nous avons dû boire de l’alcool deux fois en tout et pour tout car, ici, les gens préfèrent consommer de la… marijuana. 

Araignée géante

Il n’a pas plu beaucoup pendant nos 3 semaines, juste la première où nous avons essuyé de violents orages et où le seul endroit qui ne prenait pas l’eau était notre chambre (heureusement !!).  C’est en revanche la première fois que je me fais piquer autant de ma vie par des moustiques (ou des sortes de mouches). J’avais l’impression d’avoir la varicelle. Aussi, tous les soirs, des crapauds ou des araignées énormes (et pas farouches pour un sou) venaient nous tenir compagnie sur notre terrasse. Passé les premiers temps, où j’avais un peu peur, j’ai fini par ne plus trop y penser et à même trouver ça drôle que l’un des crapaud (notre pote) se mette toujours au même endroit. 

Notre ami le crapaud

Bref : la vraie expérience de la jungle !! Mais ici, nous sommes plus que jamais conscients de la connexion avec la nature : les papillons magnifiques sont partout et chaque espèce vit en harmonie parfaite avec les autres. L’expression « la nature a horreur du vide » est plus que jamais vérifiée : un coup de machète quelque part et tout a déjà repoussé quelques jours plus tard. La proximité avec le fleuve Paraná était aussi une chance folle : nous y avons passé des après-midis à nous baigner avec les voisins ou Gustavo et à admirer le coucher de soleil.

Yvaga est un petit paradis à la confluence des fleuves Paraña et Urugay dans lequel nous pouvons nous retrouver et apprendre à vivre à un autre rythme, en pleine conscience de ce qui nous entoure. Notre consommation d’eau par exemple : nous avons de l’eau dans un réservoir (la bomba) et, dès que celui-ci est vide, nous devons rétablir le branchement à une petite distance de notre habitation. Cela nous permet de réaliser combien nous consommons et à faire attention à préserver cette ressource si importante. 

Ici les gens sont simples et vivent avec peu de choses. Ils sont d’une générosité sans limite malgré notre faible niveau d’Espagnol. Notre hôte nous ramène régulièrement des amis ou voisins très intéressants avec lesquels nous pouvons échanger un peu en espagnol/anglais (parfois français pour certains). Tous sont curieux de notre voyage et vraiment très gentils. 

Des missions variées et assez flexibles 

Rémi plante du maïs et je dégomme les mauvaises herbes
Arrosage du potager

En ce qui concerne les missions, elles sont variées et nous les organisons comme nous le souhaitons (même si parfois, notre hôte passant en fin de journée, nous avons un peu plus de travail. Mais cela finit par équilibrer les journées plus calmes). Elles sont principalement liées à l’entretien du lieu, de ses habitants (les animaux), du potager et des hectares environnants (entretien des chemins, plantation, semence et récolte des légumes,…). Nous avons ainsi : récolté et planté du maïs, des haricots, des courges, coupé des bambous et tondu beaucoup beaucoup beaucoup d’herbes avec le père de notre hôte (pour Rémi ce qui lui a d’ailleurs valu de belles piqures de guêpes en pagaille), distillé de la citronnelle après l’avoir coupée et préparée. Pour le reste nous avons carte blanche sur ce que nous voulons apporter au lieu. Rémi a fait des meubles (banc et balançoire) et nous faisons divers améliorations et réparations. L’autosubsistance est plus limitée que nous le pensions, le jardin ayant subi des dégâts en raison des incendies de la forêt amazonienne qui ont déposé beaucoup de cendres dans le secteur. La majorité des fruits et légumes que nous consommons sont donc apportés par nos hôtes, à l’exception des citrons, des courges, des avocats et des papayes. Mais Gustavo est aux petits soins avec nous : nous pouvons demander ce que nous voulons et il nous le ramène. 

Sieste crapuleuse avec le chat

Avec cette chaleur, toutefois, nous n’avons pas très faim et repensons notre rapport à l’alimentation. Nous avons d’ailleurs déjà perdu quelques kilos. Après les excès des fêtes et d’avant notre départ (merci les ch’tis), nous en avons profité pour remettre notre corps au vert lui aussi : pas ou peu d’alcool, moins de viande, peu de lactose et de matière grasse. Nous apprenons à cuisiner avec les produits locaux et ce que nous avons. Nous nous sentons ainsi en pleine forme. Nous nous levons tôt tous les matins, avec le soleil, et nous nous couchons quand nous voulons. Et surtout nous buvons beaucoup de Téjéjé et de Maté. C’est pratiquement une consommation industrielle.

La difficile déconnexion et les amis

Le plus dur pour nous a sans doute été le moment sans moyen de communication. Il est finalement beaucoup plus difficile qu’on ne le pense de réellement déconnecter. Pour nos proches, surtout, et pour trouver les prochaines missions sur Workaway. En effet, notre carte prépayée a cessé de fonctionner la veille de l’anniversaire de ma soeur. Le stress que cela nous a occasionné nous a fait nous sentir bien « enfermés » dans notre retraite. Nous avions peur de l’inquiétude que nos familles pourraient avoir, mais aussi beaucoup de peine de ne pas pouvoir les joindre. Heureusement, Gustavo a résolu ce problème ensuite et nous avons pu utiliser la carte pour what’s app (qui est gratuit ici) et aussi surfer un peu sur internet pour trouver notre futur Workaway. 

La 3ème semaine, les copains commençaient à nous manquer un peu aussi. Mais nous sommes vraiment heureux de cette première expérience. Nous avons rencontré de belles personnes et avons appris que vivre un peu plus calmement est parfois compliqué pour nous deux.

3 commentaires sur « Première mission de volontariat : Yvaga »

  1. Il a fallu 3 semaines pour que vos potes vous manquent ? Ça fait plaisir merci… Le potager avait l’air vraiment top et l’araignée géante est vachement moins impressionnante que ce que j’imaginais… Donc on pourra venir vous voir les copains… un de ces quatre peut-être… Question déconnexion, profitez en un maximum un fait car je pense que ça vous manquera un jour… Des grosses bises fraiches avec des relents de Moinette ! Dernière question : si tu lèches le dos du crapaud ?…
    LE GRAND

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  2. (Je suis assez lent pour prendre des nouvelles.. comme d’hab)

    Ça fait bien bien plaisir de vous lire ..

    Des bises en bouquets

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