
Voilà maintenant un moment que nous avons écrit notre dernier article et cela nous semble tellement lointain. La notion du temps semble s’être évaporée. On se re-motive quand même à poursuivre notre blog. Chose promise, chose due : un article sur ce que nous faisons, pendant le confinement, qui se poursuit depuis plus de 80 jours ici. Pour ceux qui ont suivi, nous sommes toujours à San Carlos de Bariloche. Après une première semaine dans un logement en Airbnb, puis 2,5 mois dans une petite cabane de hobbit, nous sommes maintenant dans une maison, à proximité de la ville de San Carlos de Bariloche. Malgré notre manque de déplacement, nous avons connu de belles aventures : humaines, linguistiques, bricoleuses, culinaires, sportives et décoiffante… Oui, oui, tout à fait ! Et finalement, malgré des jours avec des hauts et des bas, nous faisons notre maximum pour kiffer notre quotidien.
Quand par hasard on apprend comment faire un habitat écologique
Tout a commencé quand nous sommes arrivés dans notre cabane écologique, le jour de l’anniversaire de Rémi (19/03/2020) avec un confinement annoncé à 22h00 environ chez nos propriétaires, pour un début à minuit.




Heureusement ce soir-là nous étions bien entourés, puisque nous passions la soirée chez nos voisins autour d’une Parilla (barbecue). Ce soir-là nous nous sommes un peu invités avec une bière (et les autres soirs aussi finalement…).
Les jours qui ont suivi, motivés à ne pas laisser ce virus nous gâcher l’aventure, nous avons décidé d’aider Marcos, le propriétaire, à réaliser un mur pour sa terrasse et son garage. Le tout, bien sûr, en matériaux recyclés (bouteilles en verre, bouts de grillage, vitres, bouts de bois, céramiques, branches…) et avec un mélange d’argile, de terre, d’eau et de paille. Cette activité a occupé toutes nos après-midis de ce début d’automne (à savoir que les saisons ici sont inversées donc l’automne avait débuté en mars). Nous vous proposons de la découvrir quelques instants. Mais avant, commençons par nos hôtes, les raisons pour lesquelles ils se sont tournés vers cet habitat écologique et leurs parcours avant de pouvoir y vivre. Marcos et Karina vivaient auparavant à Buenos Aires. Un peu avant la naissance de Sasa, leur petite fille, ils décident de tout quitter pour s’offrir une meilleure qualité de vie… ça vous rappelle quelque chose ? Nous précisons que toute ressemblance avec des personnes existantes (amis ou familles) est purement fortuite 😉. En Argentine ou en France, les aspirations restent les mêmes, finalement. Bref, ils quittent leur taf et la grosse ville pour s’installer à Bariloche où ils finissent pas trouver un terrain. Marcos s’étant formé à la construction d’habitats écologiques, il construit la maison et cela lui prend pas mal de temps. Le résultat est vraiment vraiment top ! Ayant plus d’expérience, il fait la « cabaña » où nous vivions, en 3 mois seulement. Mais, comme il y a toujours moyen d’optimiser les choses, nous l’avons aidé à faire un mur pour sa terrasse et son garage.
Mais finalement comment on fait ? Presque entièrement à la main, à la force de ses petits bras et en s’équipant au maximum de matériaux recyclés (par exemple pour les bouteilles : boire beaucoup de vin et de bière ou s’entourer de gens qui en consomment… 🤣). A partir d’une ossature en bois, nous avons pu ainsi voir plusieurs techniques :
- Sur un grillage, qu’on vient clouer à la structure, on applique à la main le mélange de terre, d’argile et d’eau. Il faut un maximum de fibres pour que ça « accroche », entrelacer des branches et mettre quelques bouteilles et des vitres de voiture pour que ça stabilise le tout et apporte de la lumière.
- En superposition de bouteilles. Ma technique préférée personnellement car elle ne nécessite pas de clous et la terre tient beaucoup plus facilement. Pour ça, il suffit d’intercaler des couches de terre qui viennent « fixer » les différentes couches de bouteilles.
On vous passe les détails mais ça nous a bien occupé et nous avons été heureux d’apprendre tout ça et de participer à ce mur qui, après les finitions, est vraiment pas trop mal !
Pourtant, après deux semaines à faire de « la barro » pratiquement tous les jours, nous avons été un peu moins motivés. Le découragement devant la durée du confinement a sans doute eu raison de nous. Pourtant, au delà de cette super expérience en construction, nous avons appris beaucoup d’autres choses.
Quand par hasard on a des proprios super sympas avec qui on apprend beaucoup
Dans ce confinement, nous avons eu une chance folle de tomber sur des hôtes aussi gentils et généreux. Entre deux constructions, nous avons appris tous les jours à les connaitre et, pour ça, il a fallu nettement améliorer notre Espagnol. Nous avons énormément progressé grâce à eux, et ça c’est vraiment génial ! Nous avons maintenant une assez bonne compréhension de la langue, avons enrichi notre vocabulaire, nos tournures de phrase. Bon les incompréhensions sont encore nombreuses mais ça mène, parfois, à de jolis fous rire. Et il faut avouer que les discussions sont désormais plus complexes (politique, Coronavirus, mœurs de nos pays…).



Depuis le début de notre voyage, ce sont les meilleures rencontres que nous ayons faites. Si le voyage reprend un jour, nous savons que nous n’hésiterons pas à repasser par ici leur faire un coucou car ce sont vraiment devenus des amis pour nous. Nous avons aussi appris à faire des succulentes pizzas à la mode Argentine, des empanadas et avons découvert les gâteaux et différentes douceurs d’ici.
En fait, les deuxièmes temps de notre confinement ont été une succession d’échanges de plats, de recettes, de gâteaux,… Nos amis étant intéressés par notre culture, nous avons redoublé d’efforts pour leur faire découvrir des spécialités françaises (bœuf bourguignon, poulet au cidre,…) ou que nous aimons cuisiner (poulet à la chinoise, pancakes…). Le défi était de taille car, si nous avions un barbecue (parilla), nous n’avions pas de four. Nous avions en revanche ce qu’ils appellent un « multichef » (sorte de cocotte ou énorme poêle électrique anti-adhésive) que je me suis amusée à apprivoiser… et en fait on peut tout cuire dedans : des biscuits, des fondants au chocolat, des plats en sauce (ou pas), des frites,… Bref, on a bien fait à manger quoi ! Mais avec le temps, cette activité aussi s’est un peu calmée d’un côté comme de l’autre. Nous avons alors appris à bien cuisiner mais plus sainement.
Mais alors qu’est-ce qu’on a fait après ?
Travail, sport, bricolage en tout genre et décoiffage
Depuis maintenant deux mois, Rémi a quelque clients : il travaille donc dans la journée (réponse à ses appels d’offre, formation, devis…). En parallèle, lorsque nous étions encore dans la cabane écologique, il a passé beaucoup de temps avec Marcos pour l’aider à réparer des petites choses avant l’hiver. Il commençait alors à pleuvoir régulièrement donc ce n’était plus trop le moment pour faire de la boue (comme on aime bien dire).













Après une passion énorme pour les attrapes rêves (dont il a repeuplé notre petit jardin), Rémi a fait une pagode pour notre petite table d’extérieur (digne des plages sous les tropiques mais en plus petit – bon la photo ne lui rend pas honneur), réparé plein de choses, fait des bancs en bois pour qu’il puisse se poser le matin au soleil, aménagé des petites fontaines en bamboo, bricolé des éoliennes en tout genre….











De mon côté, j’ai continué d’écrire des articles pour une plateforme et ça commence à marcher donc je me suis mise à mon compte. Je me suis mise à la musculation à fond (avec des bouteilles de vin et de bière comme poids 😂) jusqu’à ce qu’un mal de dos affreux viennent me calmer méchamment. Après un mois, je n’en suis toujours pas tout à fait sorti malheureusement.

Donc oui, on a eu aussi des moments pas faciles. Lire les actualités françaises ou argentines et s’abreuver du Coronavirus à longueur de journées a fini par nous saper un peu le moral. Pourtant, nous avons plus de temps pour nous et pour penser à l’avenir.
Malgré le désoeuvrement, nous nous sommes bien amusés. Et, surprise pour ceux qui ne ne sont pas au courant (ou qui ne l’ont pas vu sur la photo précédente) : Rémi a refait… des drealocks (ce qui lui a valu, de ma part, le surnom de Coronavirus – ou Corastavirus comme il l’a dit ensuite) ! Merci Karina !

Mais l’hiver approchait (eh oui oui Winter is coming !) et la cabane commençait malheureusement à devenir trop étroite pour nous deux. Nous avons donc choisi de la quitter, ce qui nous permettait de reprendre (en quelque sorte) le voyage.
Confinés jusqu’à fin juin encore… et après ?
Nous avons donc changé de logement pour une grande maison et plus proche du centre (les prix ici sont très bas en ce moment) où nous nous marchons moins dessus. Mais la poursuite de ce confinement sans fin (fin juin pour le moment mais ils parlent déjà de l’étendre une bonne partie de l’hiver) nous empêche d’envisager la suite. Dans l’espoir de faire du ski (eh oui on reste d’éternels positifs : merci Rémi !) nous avons réservé un autre logement en juillet près des pistes. Mais cette crise est loin d’être terminée et la perspective du voyage nous parait désormais compliquée.
Jusqu’ici, à part Buenos Aires, l’Argentine est le seul pays d’Amérique latine à être plutôt épargné par le virus. La ville où nous sommes a peu de cas (24 actifs à ce jour) et, malgré tout, nous restons confinés car le président argentin, Alberto Fernandez, reste très prudent. Les mesures de confinement sont contraignantes (pas d’activité physique, des sorties uniquement pour faire ses courses ou marcher à 500 mètres de chez soi pendant une heure, impossibilité de sortir tous les jours – en fonction de son numéro d’identité…). Aujourd’hui c’est le manque de liberté qui nous pèse, bien plus que l’absence de voyage. Vous nous manquez aussi beaucoup. On commence à se dire que si ça continue ainsi, il faudra que l’on envisage notre retour… Si nous repoussons pour l’instant cette idée, cette nouvelle étape du confinement nous pèse et nous n’en voyons pas l’issue (les cas augmentant doucement dans notre ville). Le Coronavirus aura tout de même eu l’avantage de nous montrer que le voyage tel que nous le faisions jusqu’ici ne nous correspondait plus. Si nous le reprenons nous le souhaiterions plus apaisé, avec moins de trajet et plus d’aventures humaines. En attendant de savoir comment nous allons gérer tout ça, nous avons désormais un Ukulélé pour nous tenir compagnie.









une sacrée aventure…formidablement racontée,merci de nous la partager
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