Bariloche : lacs et chocolat !

Hola hola tout le monde ! On pense bien fort à vous en ces temps de confinement. On imagine que vous avez déjà épuisé le catalogue Netflix et que vous tentez désespérément de garder vos enfants à l’intérieur et au calme (bonjour la crise de nerfs pour nos amis parents ! Courage !). De notre côté, le confinement a commencé ce jeudi (19/03/2020) à minuit (pour l’anniversaire de Rémi). Nous avons changé de Airbnb la veille de l’annonce afin de profiter d’une petite maison écologique bien sympa d’où nous vous écrivons actuellement. Mais bon, tout ça nous en parlerons dans le prochain article. On ne va pas vous bassiner avec le Coronavirus cette fois, je pense que vous l’entendez et le vivez déjà suffisamment au quotidien. Même si notre impitoyable ami nous a suivi jusqu’à l’autre bout de la planète, et commence à se taper l’incruste dans ce très joli pays, sachez que nous ne sommes à plaindre. On a eu du flair (ou une hyperconnexion chronique de ma part) qui nous a permis d’anticiper les choses. On se retrouve donc dans un coin vachement beau en Argentine. La semaine dernière, nous sommes ainsi arrivés dans la jolie ville de Bariloche, dans notre premier Airbnb, où nous sommes restés une semaine.

(Re)Bonjour le froid

Pour ceux qui ont suivi l’article sur notre dernière mission, nous avions bien besoin de souffler un peu et de nous retrouver à deux avant de poursuivre notre voyage. L’appel de la montagne fut le plus fort et nous embarquâmes donc pour 15 heures de trajet dans un bus de nuit. Direction Bariloche, station de ski en hiver et paradis des randonneurs en été. Cette fois-ci pas de repas, de lit cama ou de petit déjeuner : un semi-cama pour 50 euros par personne… c’est tout. Le bus étant à 22h50 et notre hôte nous ayant déposé à la station de bus à 16h00, nous avons pu profiter une dernière fois de la ville de San Rafaël et nous restaurer après presque 3 heures à se perdre agréablement dans les rues. La nuit dans le bus fut, comme d’habitude, un peu difficile mais, celui-ci étant relativement vide, nous avions chacun deux fauteuils pour nous allonger. 

Vue du bus sur la route vers Bariloche

Le lendemain matin, Rémi se réveille le premier et tente de me secouer à plusieurs reprises pour voir les magnifiques lacs entre deux montagnes arides et des déserts. Difficile d’ouvrir les yeux… Quand il parvient enfin à s’endormir, c’est à mon tour d’admirer des lacs et des lacs à n’en plus finir. Les eaux magnifiques et turquoises donnent toutes envie de plonger dedans mais bizarrement… pas âme qui vive ! Et le plus frappant : des rives d’une propreté exceptionnelle. Jusqu’ici, en Argentine, les cours d’eau ne sont pas toujours beaux à voir avec l’amoncellement des déchets autour. Cette fois-ci, pourtant, tout parait préservé de toute activité humaine. Un vrai bonheur !

A 13 heures, nous arrivons enfin. Le plaisir de mettre les pieds à terre est vite tempéré par les aspects pratiques de l’arrivée dans une nouvelle ville : où allons nous et comment ? En effet, en Argentine, pour prendre les bus interurbain, il faut désormais avoir une carte avec du crédit dessus (pas la même pour chaque ville bien sûr, sinon ce serait trop facile !). Pratique pour les chauffeurs, beaucoup moins pour nous quand on ne sait pas où les acheter. La station de bus est bondée, de nombreux touristes nous entourent et, pour la première fois depuis notre départ, nous entendons beaucoup de Français. Nous faisons deux guichets différents avant de comprendre qu’il faut se rendre au petit kiosque alimentaire pour demander une carte. En demandant où nous pouvons la recharger, nous apprenons qu’il est uniquement possible de le faire en ville. Fatigués, déjà épuisés par le poids de nos sacs, nous ne comprenons pas tout de suite qu’il y a déjà un peu de crédit sur la carte et entamons notre ascension vers le centre sans prendre le bus… et en plus dans le mauvais sens. Un gentil italien, à qui nous demandons notre route, nous indique la bonne direction. Il est 14h30 et nous avons faim. Toutefois, à cette heure-ci, comme dans beaucoup de villes en Argentine, ce n’est pas la bonne heure pour les commerces (qui sont tous fermés sur notre route).

Pressés par notre hôte, qui demande quand nous arrivons afin que sa mère sache à quelle heure nous recevoir, nous décidons de jouer le tout pour le tout en attendant un bus. Après plusieurs longues minutes, celui-ci arrive enfin et (ouf !) nous pouvons le prendre grâce aux premiers crédits de notre carte. Le trajet en bus se fait le long du lac Nahuel Huapi : magnifique ! Le bus se perd ensuite dans des rues sans revêtement et poussiéreuses.

Hop ! Les sacs sur le dos, nous traversons un quartier très sympathique dans lequel les maisons ressemblent beaucoup à des chalets de montagne. Nous comprenons enfin le surnom de Bariloche : la « suisse argentine » ! Une vieille dame très gentille nous accueille et nous explique le fonctionnement de notre jolie cabane rouge qui, se trouve dans le jardin de nos hôtes, non loin de leur maison. Tout le quartier dispose d’ailleurs de ce type d’agencement : grande maison et petite cabane à côté.

Non, non ce n’est pas le Phare ouest

Même si notre logement est sympa, spacieux et relativement bien équipé (la qualité des couverts et de certains accessoires de cuisines n’étaient pas toujours au rendez-vous), il manque un petit coin extérieur et surtout une parilla – barbecue pourtant présent dans presque tous les endroits que nous avons fait jusqu’ici (y compris dans notre dernier camping sur chaque emplacement. Un truc de ouf je vous dis !).

Bon, dans tout ça, il est 16h00 et on a toujours faim. Nous demandons donc à notre hôte où se trouve le premier supermarché. Elle nous indique le chemin… en voiture sans doute car il y avait beaucoup plus simple et nous avons marché bien trop longtemps. Sur le trajet, toujours crevés et de mauvaise humeur tous les deux, nous ne nous comprenons pas toujours. Etre ensemble au quotidien est aussi un véritable apprentissage et un défi pour nous : c’est encore quelque chose sur lequel nous devons travailler pour mieux communiquer et éviter les chamailleries sur de petits détails. La vie de couple en voyage prolongé quoi ! On n’en parle pas assez. Vous verrez bientôt pour les confinés ;).

Nous finissons par trouver une boulangerie où acheter des sandwichs et le supermarché où nous faisons nos premières vraies grosses courses « argentines ». Autant vous dire que les supermarchés ne sont pas du tout conçus de la même façon et qu’il est parfois difficile de s’y retrouver : pas les mêmes marques, produits, viande tant dans la qualité (bien meilleure !) que dans la présentation. Par contre le vin et la bière sont à petit prix et pas mal du tout.

Ce soir-là le moral n’est pas au top en revanche : il fait beaucoup plus froid, le chauffage est nécessaire le soir… ça fait un gros changement après les canicules de Mendoza. Notre corps doit encore s’adapter. Il est temps de dormir, ça ira mieux demain. 

Site internet, chocolat, maté et visite de Bariloche

Plage de Serena
Rémi fait son intéressant devant le lac

Le lendemain nous nous laissons vivre un peu : grosse grasse mat’ (ça faisait longtemps) puis Rémi se lance dans la création de son site internet. Je l’assiste au début (ayant quelques bases en wordpress) et il se débrouille très bien ensuite. Je ne suis pas la seule geek du couple ;). Il y travaille une bonne partie de la journée pendant que je parviens, enfin, à appeler ma mère. A la fin de la journée, il a déjà bien avancé et nous décidons d’aller nous poser au bord du lac non loin de la cabane, sur la plage Serena. Il fait beau malgré le froid. Nous trouvons un petit coin au calme dans les rochers et nous admirons l’eau turquoise avant d’aller profiter de l’happy hour pour goûter les bières locales. Il y a plusieurs micro brasseries par ici et à 1,30 euros la pinte, c’est cadeau !

Petite bière à la cerveceria Berlina

Le lendemain, le vent se lève et il pleut par intermittence. Rémi continue son site avant la visite de la ville de Bariloche. Nous sortons les manteaux pour la première fois depuis un mois et prenons le bus vers le centre, à une demie-heure de chez nous. Le soleil pointe le bout de son nez mais le vent nous glace. Enfin, vous aurez compris quoi : il fait froid !!

Nous tentons de trouver des informations sur les randos à faire dans le coin : l’office de tourisme n’en propose pas et le club andin est ouvert mais il est indiqué que les renseignements sur les randos se font désormais sur leur site internet (un nouveau coup du Corona ? On n’en sait rien mais ça ne nous aide pas des masses). Pour se consoler de ces deux échecs, nous décidons d’aller dans « la rue du chocolat » chez Rapa Nui, le chocolatier le plus réputé de Bariloche. Il fait des glaces à tomber (paraît-il). Arrivés là-bas, c’est l’usine : un immense magasin de chocolat suivi d’une épicerie, d’un immense glacier et… d’une patinoire intérieure ! « Ils sont fous ces argentins » dirait Obélix. Nous commandons nos glaces sur une machine digitale. Un petit « pot mangeable » pour Rémi et un cornet « smoked » pour moi (on ne sait pas trop ce que c’est mais on imagine qu’il s’agit d’un cornet américain et pas tout simple, genre polystyrène. On espère car c’est plus cher qu’une bière.) Rémi prend fruit de la passion et chocolat Rapa Nui (chocolat avec des petits bouts de praline). Un délice et, surtout, une glace immense !! De mon côté, j’ai pris le même chocolat mais aussi un parfum Marocco (chocolat, dulche de leche et beurre de cacahuète). Mmmhhh ! Ok, sauf que j’attends toujours ma glace pendant que Rémi mange goulument la sienne. Le mec a mis tous les parfums sur mon cornet mais semble désormais mettre une sorte de crème par dessus. Etant donné que je n’ai pas demandé de chantilly je ne comprends pas trop ce qui se passe. Et il en remet au moins trois couches !!! Je commence à m’inquiéter sérieusement et là… je le vois prendre un chalumeau… et je comprends qu’il s’agit d’une meringue. Bon je vous laisse regarder la photo pour vous faire une idée de la bête. C’est sans doute la glace la plus démesurément grande que j’ai mangé (dans un cornet), mais aussi la plus sucrée, la plus grasse mais… qu’est-ce que c’était bon !!

Double miam
Oh la la, miam miam

Après ce festin, nous pouvons enfin admirer la jolie ville de Bariloche, très pentue parfois, mais surtout agréable. Pas une ville de montagne comme nous en connaissons en France mais, la présence du bois sur les habitations et des mini-chalets, lui confèrent beaucoup de charme et de chaleur (ce qui nous manquait jusqu’ici, si vous avez bien suivi). Au bord de l’eau, c’est l’une des plus jolies villes d’Argentine que nous ayons visitée.

C’est aussi une journée « craquage de sac » comme dirait Rémi car nous nous faisons un petit plaisir auquel nous aspirions depuis longtemps : une calebasse de maté et sa bombilla (paille en fer). Après notre consommation excessive de Maté dans la jungle, nous en rêvons depuis plusieurs semaines mais celui-ci ne se consomme pas dans les salons de thé ou bar. Les Argentins se promènent avec leur propre calebasse et thermos. Si cela nous semblait étrange au départ, nous en rêvons désormais lorsque l’on voit tous les gens autour de nous, posés dans l’herbe, à partager un Maté. Il était donc temps de nous offrir ce petit cadeau. C’est avec un soin tout particulier que nous avons choisi la couleur, la matière intérieure et extérieure, la bombilla… Nous vous laissons admirer la photo. En sortant du magasin, nous nous sentions tous les deux un peu coupable d’avoir payé 20 euros : sur le coup, cela nous a paru très cher. C’est là que nous avons réalisé que nous avions bien quitté la France et que nous nous étions habitués aux prix du pays. Alors qu’avant 20 euros n’aurait pas représenté grand chose pour nous, aujourd’hui c’est le prix de presque deux restos ou d’une nuit (à prix moyen) dans un airbnb. Bref, on s’est un peu trop posé de questions avant d’en rigoler : notre vie a bien changé ces derniers temps !

Une fois « chez nous », nous préparons un bon poulet curry (qui n’a pas du tout un goût de curry malheureusement car les épices, que nous avons trouvées sur un marché à Cordoba, n’ont ni goût ni saveur) tout en regardant les randos à faire le lendemain. Une journée pas très active mais très gourmande. 

Nous avons tout de même hâte de commencer les randos : manger c’est bien, mais il faut bien dépenser tout ça. Surtout, que la montagne est belle… (oui je suis d’humeur chantante) ! Mais bon… pour que vous ayez encore de quoi lire dans les prochains jours… la suite au prochain épisode :).

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